/!\ ANNONCE ---- Déménagement /!\

Pour cette nouvelle année qui s'annonce, j'ai fait un grand déménagement, emmenant tout mon blog avec moi... sur canalblog.
Une nouvelle plateforme d'expression, pour plus de clareté, de simplicité, moins de disparition inopinée d'articles, etc...

Parce qu'un blog de 38 pages sans tag, c'est plus vivable, ça rime à rien...
... je vous présente mon nouveau repère : Nao-Asakura's World...

Certes le design (fait par moi) reste très proche de l'ancien, mais au moins je dispose de bien davantage d'outils pour organiser mon fatras...
Voila quelques catégories : cinéma, musique, Kaamelott, Saiyuki... etc
A vrai dire je n'ai supprimé qu'un très petit nombre d'articles.

De quoi démarrer 2008 d'un bon pied!

note : l'article sur la fin de Kaamelott, livre V est enfin écrit... sur le nouveau blog ^^

# Posté le dimanche 23 décembre 2007 12:15

Modifié le jeudi 27 décembre 2007 06:41

la mort de Beckett

Il s'agit, pas de méprise, de Carson, et non du très grand Samuel. Ce dernier est un dramaturge irlandais, le premier étant le médecin écossais de la série Stargate Atlantis pendant trois saisons ; pas vraiment un personnage central, mais il était parvenu à se faire une place dans le coeur au générique et dans le coeur de la majorité des fans.
Aussi l'annonce de sa mort, au cours de l'épisode Sunday (3x17), a choqué tout le monde, moi y compris.

Je me souviens avec une précision étonnante de l'endroit exact où je me trouvais quand j'ai appris ça. A l'époque l'épisode n'avait même pas encore été diffusé, c'était du spoiler sur un forum (GateWorld, je crois), et les fans étaient déjà bouleversés (et outrés pour la plupart, mais je n'entrerai pas dans le débat).
Moi j'étais dans le couloir quand j'ai lu ça, parce que la wifi ne marchait plus et qu'on avait dû déménager toute la bécane dans l'entrée. J'étais mal assise, en plein courant d'air, le clavier sur les genoux, et je faisais quelques recherches rapides.

Et je lis ça. Sunday. Carson. Dead.

Tout se décompose, le temps se dilate. Je pense que c'est ce qu'on doit ressentir, à l'annonce de la mort d'un être proche. Quelqu'un de réel, je veux dire. Je suis pas assez douée en relations sociales pour savoir. A ce moment-là, j'ai juste eu envie de pleurer ; j'avais mal au coeur, je me sentais mal, tout en me disant confusément que c'était pas normal de ressentir ça pour un personnage de série TV.

Après quelques jours de malaise diffus, j'ai fini par relativiser. Mais j'ai quasiment mis quatre mois avant de regarder pour de bon l'épisode fatidique.
Et là encore, même en sachant la fin, en sachant pertinemment qu'il ne s'en tirerait pas, j'étais au bord de la crise d'apoplexie pendant 35 minutes ; jusqu'à que tout explose, et que Carson meure, trop connement, parce qu'il voulait sauver le monde, parce que c'était un bon médecin, et que lui, il n'avait pas lu les spoils sur internet.

Et maintenant que ça fait plus d'un an, et que toutes les blessures de l'âme -- mon âme de geek, j'entends -- ont fini par se refermer, on approche de la diffusion de la deuxième moitié de la saison 4, et donc de la fin, et du double épisode The Kindred, où Carson est censé revenir d'entre les morts.
Oui, parce que comme c'est de la science-fiction, et qu'on se trouve dans une autre galaxie, c'est forcément possible, des choses pareilles, même si on osait l'espérer, bien que Daniel Jackson soit mort et ressuscité un nombre incommensurable de fois.
Tout ce qu'on savait alors c'était quelques commentaires de Joseph Mallozzi lâchés par-ci par-là... Que ce serait le vrai, que ce serait un Carson bien vivant. Ce qu'on sait moins c'est le pourquoi et le comment. Et surtout, s'il va rester, ou si ça ne sera qu'un éphémère retour, bien vite écourté.

Et puis il y a ça. "What took you so long?" Rien que pour l'accent, j'aurais pu pleurer.
Comme quoi je suis sentimentale, parfois.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 12:20

Modifié le mardi 25 décembre 2007 15:56

la fin, la fin (etc)

la fin, la fin (etc)
Arrivée la fin... (la fin, la fin, la fin de Kaamelott, bien sûr)... on se sent désemparé, le matin, avec ses tartines et paaas d'épisode inédit à regarder en douce avant de partir au lycée (quand je dis lycée, je dis prépa, et du lycée à la prépa il y a un monde, mais pas physiquement parlant).
Je suis vraiment pas très chanceuse : alors que les vacances approchent à grands pas (
pas assez grands, si vous voulez mon avis), tout ce que je regardais jusqu'alors en me disant que j'aurais mieux fait de bosser se fait la malle au moment même où j'aurais pu tout regarder sans culpabiliser.
Plus de
Kaamelott avant au moins avril 2008.
La fin des inédits d'
Esprits Criminels.
Le "fall bre
ak" pour les Stargate Atlantis... Plus rien jusqu'à janvier!
Aussi je suis en pleine "récupération
" des inédits de la saison 3 de Dr House, histoire de rattraper mon retard -- 15 ep en 15 jours de vak? faisable!

(
à suivre un looooong dvpt sur la fin de Kaamelott, livre V, basé sur le plan d'un commentaire d'un texte latin -- sisi, c'est possible!)

édit
Miung said:
"Euuuh c'est quand tu v
eux que tu postes ton commentaire sur la fin du livre V XD
Non non je ne suis pas du tout impatien
te de lire tes propos et non non je ne vais pas régulièrement voir si tu as mis à jour ton blog :p
Je réagis comme ça parce qu'il me tarde lire ton prochain post. J'ai beaucoup aimé les précédents, même si je n'ai pas osé laissé de commentaires...
Vivement que j'ai de la lecture alors!"

Ya des
jours où rien ne va.. et en fin de compte on tombe sur des trucs comme ça, et quelque part ça remonte le moral.

J'ai le rhume du siècle... (
imaginez quelqu'un avec le caractère de merde de Gregory House, en plein speed de médocs, et malade, vous aurez un aperçu de mon état actuel), Joe Mallozzi s'est vu interdire de blog(il a été taxé de "spammeur", allez comprendre), Terry Pratchett a déclaré qu'on lui a diagnostiqué un alzheimer ; Kaamelott c'est fini pour un bon moment, et je suis en plein manque ; la technologie me lâche, les mails que j'envoie me reviennent avec des messages d'erreur...

Bref c'est pas la joie, l'envie d'écrire s'est un peu barrée... J'ai l'impression d'ê
tre en vacances, mais je dois encore rester concentrée pour la dernière semaine (pour être plus exacte, pour le moment je lutte pour taper des mots qui aient un sens et rester éveillée).

Je suis
en plein deuil de fan (voui, c'est possible, de pleurer un personnage de série). Je viens de me rendre compte que ça fait presque un an que Carson Beckett n'est plus (6 janvier 2007).
Joseph Malloz
zi a écrit un truc énigmatique sur son blog de substitution... comme quoi il y aurait un indice sur le pourquoi du comment du retour de Carson dans The Kindred (18 et 19, saison 4, à venir) dans les dernières minutes d'un des trois épisodes de la saison 3. Vous n'avez strictement rien compris à cette phrase, c'est normal, moi non plus ; si vous n'êtes pas fan de Stargate Atlantis, laissez tomber... Carson va revenir, on ne sait pas encore comment ; moi tout ça, la mention des trois derniers épisodes (Submersion, Vengeance, First Strike), ça m'a automatiquement fait penser à une fic très étrange, qui mettait justement en scène le retour de Carson dans le monde des vivants, une sorte de AU à partir de Vengeance.

Pour répondre à Miung : ça vient, ça vient.
Merci de me lire.

# Posté le mercredi 12 décembre 2007 01:06

Modifié le dimanche 16 décembre 2007 04:09

Kaamelott, V, 48, Le Théâtre Fantôme ... ça sent la fin

Kaamelott, V, 48,  Le Théâtre Fantôme ... ça sent la fin
Je suis perturbée -- pour ne pas dire un peu déçue -- par l'épisode 48, le Théâtre Fantôme (d'ailleurs si quelqu'un connait le pourquoi de ce titre je suis preneuse...*). Troublée en tout cas, par l'intervention "magique" de Méléagan, qui influence la pythie, lui soufflant son texte, prenant la place des dieux, afin de pousser Arthur à se "saborder"...

Jusqu'à présent, Méléagan, c'était le personnage maléfique par excellence, tout ent
ier porteur de menace, mais jamais ouvertement magicien, jamais non humain.
Certes, il se dit la Réponse, envoyée par les dieux ("
eh oui, ma p'tite fée, la réponse à votre pathétique désastre", V, 21), encore que cela puisse être compris dans un sens plus terre à terre ; c'est nous spectateurs, qui interprétons ce mot de "réponse" comme un écho à cet épisode prophétique, la Réponse, IV, 49.
Certes, il semble lire dans les coeurs, il
pose les questions problématiques, oriente les décisions, de Lancelot, puis d'Arthur. (Dans l'épisode V, 45, Anton, il ne parle quasiment pas, mais ses questions insidueuses sont suffisantes pour emmener le dialogue là où il le désire.)
Il se présente comme un être au-delà de la vie ("
la vie n'a pas été la partie la plus palpitante de mon... existence") ; un être à la fois mort et en vie, une créature surnaturelle ("Moi, quand j'ai plus rien à faire ici, je me retire... Plus une goutte d'eau. Plus un rayon de soleil. Je me dessèche, de la tête aux pieds, en un petit cadavre sous un tas de feuilles... Les saisons me survolent sans me soupçonner... (...) Alors là, j'ouvre un ½il, je rampe, mangeant la neige, léchant l'eau croupie... et mes ennemis tressaillent, car à me voir boire, ils comprennent que je suis de retour.")

Mais sa véritable arme jusqu'alors c'était u
niquement la menace, la parole, la voix (et quelle voix!). Jamais il n'a réellement prouvé son lien avec les dieux, jamais il n'a manifesté de pouvoir magique -- c'est même tout le contraire qui se produit, quand il révèle à Lancelot que "la marionnette n'était pas enchantée, j'ai menti ", après l'avoir enjoint à frapper la marionnette d'Arthur d'un coup de couteau. Il nie la magie mais affirme le pouvoir de la parole, le mensonge, la perfidie.

Or cette fin de livre V l'éclaire d'un jour nouveau, l'échec de Lancelo
t l'obligeant à sortir de son inaction. Il remplace la parole par l'action, dans son rôle de guide (il dit qu'il n'est pas payé "pour faire la conversation" V, 44) ; c'est surprenant, dépaysant... angoissant.

Toute cette nouve
auté dans le champ de ses actions semble atteindre son paroxysme dans l'épisode post-théâtre, qui pourtant l'évoque dans son titre, V, 48, le Théâtre Fantôme. Cette intervention directe dans la destinée d'Arthur, cette grotesque manipulation est un gros morceau à avaler, pour moi pauvre fan à genoux devant le diabolique Méléagan, dantesque sans même avoir à bouger, rien qu'avec la voix et les mains.
Toutefois, on peut
envisager de voir cela non pas comme de la magie, ce qui ferait de Méléagan un être définitivement surnaturel, et plus juste à la limite entre deux mondes, un monstre d'illusion ; Méléagan manipule la pythie, faussant le jugement d'Arthur, mais grâce, là encore, à son arme de prédilection, la parole. Il influence, il parle et fait réfléchir ; Prisca est juste plus réceptive, et Arthur dupé, parce qu'il pensait entendre la parole des dieux.

{J'ai trouvé ça troublant et très bien vu
: les enfants qui fuient comme une volée de moineaux à l'approche de Méléagan. Le patron des itinérants, quant à lui, reste près de lui, c'est son ami ("les saltimbanques sont un peu les amis de tout le monde" V, 47)... Sans doute parce que les comédiens manient l'art de la parole tout autant que Méléagan, parce que l'homme en noir est lui aussi un "itinérant", en quelque sorte.}

* Peu
t être l'évocation de l'aspect immatériel, intangible du théâtre, qui crée une fenêtre dans la réalité, vite refermée dès que le jour se lève. Fantôme donc, parce que sitôt le soleil levé, il ne reste que l'estrade et des comédiens en apparence affables ("Mais on vous aime, nous." V, 48).

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 13:58

Modifié le samedi 08 décembre 2007 13:06

Tout est dans l'analyse...

Tout est dans l'analyse...
L'épisode du théâtre (pas encore diffusé, je me base sur la version longue pour parler) méritait selon moi une explication, un développement particulier. Parce qu'on nous apprend, en littérature -- mais l'écriture d'Astier est assez pensée pour que l'analyse soit facilement transposable -- que les moments où un récit s'inscrit à son tour dans le récit central sont les plus importants, les plus puissants. C'est là où le récit fait retour sur lui-même pour mettre en lumière, par le biais de l'histoire racontée par un personnage, ou grâce à une scène de théâtre (cf. Hamlet), des éléments qui n'étaient jusqu'alors qu'évoqués et sur lesquels l'artiste veut attirer l'attention de son public. Par cette mise en abyme, Astier invite à reconsidérer tout le début du livre V ; par cet épisode du théâtre il nous offre les clefs pour comprendre une partie de son oeuvre.

Ce qui suit dévoile tout ou
partie du livre V, puisque mon analyse prend en compte plus largement tout ce qui précède la rencontre d'Arthur avec les comédiens ambulants. Vous voilà prévenus.

Arthur, en quête de sa "
descendance" (V, 43), en quête de tendresse, en quête d'une raison de vivre peut-être, a abandonné ses responsabilités de roi de Bretagne, et son voyage l'a mené jusqu'à la côte, d'où il ne sait comment rentrer à Kaamelott. Méléagan, qui se présente à lui comme un guide -- et j'ai déja dit toute l'ambiguité de ce guide, physique et métaphysique, celui que l'on nomme la Réponse (V, 21), et qui conseillait auparavant Lancelot -- l'emmène de révélation en révélation, depuis la maison de son père adoptif à la rencontre énigmatique avec une troupe de théâtre ambulant. Méléagan avait déjà évoqué précédemment tout l'amour qu'il avait pour les rencontres ("J'ai rencontré cette personne [Viviane] au détour d'un village de mineurs, et sa détresse m'a ému") et pour les spectacles, qu'ils soient artistiques ("Avez-vos déjà assisté à une réprésentation des puppies?") ou simplement nés de l'activité humaine ("les marchands de bottes, les marchands de corde, les forgerons...") ; et c'est bien visible dans son sourire de gosse émerveillé, au premier rang pendant le spectacle.

Cette pièce de théâtre est particulièrement intéressante dans sa mise en scène, son
articulation dans le récit principal. Ici encore ce qui prime dans l'écriture d'Astier c'est la partie dialogue, et non pas l'aspect visuel proprement dit. Cependant, l'image, avec ce grain particulier, et la pénombre dûe à l'éclairage unique de la scène et du public par des lanternes, donne un cachet étrange et déroutant à l'ensemble. La pièce, c'est une libre adapation de la fable d'Esope, le garçon qui criait au loup, récit apologique par excellence, mais c'est surtout une mise en scène interactive, qui prend forme sous nos yeux. Une pièce participative, où le public devient acteur, les acteurs de la troupe se relayant quant à eux dans le rôle du narrateur. Un récit dans un récit dans un récit. Les répliques fusent, s'enchaînent, c'est vraiment rythmé, sans le moindre temps mort, sans le moindre silence, parce qu'au théâtre "parler c'est agir", et que celui qui se tait est mort.

Q
ui dit mise en abyme dit sens caché, ou du moins parabole symbolique. Ici, cette idée de mensonge à l'issue tragique pour celui qui le profère, semble renvoyer à l'épisode V, 25, L'Elu, épisode au nom parfaitement antithétique, puisque c'est là qu'Arthur -- l'élu des dieux -- renonce à retirer l'épée et formule le mensonge programmatif de toute la fin du livre V ; au "mais vous êtes l'élu" de Viviane, Arthur s'empresse de répondre "les dieux n'ont pas l'air de votre avis". Il s'ensuit le fameux "c'est plus moi le roi, c'est tout, point" (ibid), dont les échos affaiblis traversent de part en part la deuxième moitié du livre V : "arrêtez de m'appeler sire", "je ne suis plus roi"... En quelque sorte le mensonge de départ, forgé de toute évidence pour avoir la paix, pour se libérer du fardeau de la responsabilité du pouvoir (V, 26, 27), prend des proportions inattendues. Le rappel incessant de ce pouvoir passé, à la fois par l'apostrophe "sire" qui est sur toutes les lèvres et par la réponse négative d'Arthur, donne force à cet élément ; c'est précisément le contraire de l'effet recherché qui se produit.

Ce re
fus du pouvoir -- de même que son rappel constant -- fait apparaître une élément selon moi constitutif du personnage d'Arthur (Certes, on s'écarte un peu de l'analyse de la scène du théâtre, mais c'est pour mieux y revenir ensuite) : le manque, le vide. Si Arthur n'est plus roi, il reste cependant "anciennement le roi Arthur" (V, 36), il est celui qui n'est plus roi, mais il ne parvient pas à se définir autrement que négativement, par rapport à ce rôle passé. D'où la recherche d'un but -- trouver ses enfants, ce qui à première vue parait illogique, absurde ; la phrase d'Arthur "faut que je trouve mes enfants, ya plus que ça qui m'intéresse" (V,31), laisse perplexe et déroute par sa formulation radicale, absolue -- de quelque chose pour combler le vide laissé par l'abandon du pouvoir. Dans cette fin de livre V, les seules fois où Arthur sourit, c'est quand il remet les autres à leur place (V, 30) -- quand il se montre digne d'Ogma, le dieu irlandais "qui terrasse ses ennemis par l'éloquence" -- et quand il rêve de ses enfants (le sourire de la fin...)
Cette idée de manque, c'est peut être également Arthur
qui, incapable de voir l'amour réel que lui portent Guenièvre et Perceval, sans doute pas clairement exprimé mais présent, se sent obligé de rechercher la tendresse d'un rêve, l'amour d'un enfant absent, hypothétique. C'est à mon sens dans cette direction qu'il faut entendre le passage chez Anton, le père adoptif. Méléagan le conduit là afin de lui montrer l'amour de cet homme pour quelqu'un d'absent, et l'aveuglement dont il fait lui-même preuve.

Ainsi si l'on en revient au théâtre où les rôles de la pièce, de
la fable d'Esope, sont confiés à divers spectateurs : le berger, les moutons, les villageois ("bon, vous, donnez l'impression que vous êtes plusieurs"), le loup enfin, ce qui est intéressant à analyser, c'est la répartition desdits rôles. Méléagan se retrouve mouton, Arthur, bien malgré lui, loup. Un loup pathétique, incapable d'effrayer le berger, bien vite suppléé par Méléagan, bestial. Répartition des rôles d'autant plus étrange qu'elle ne rend pas justement compte de la transposition de la fable dans le récit réél ; en somme c'est la fable sans la morale. Arthur le dit lui-même, il n'aurait pas pu être berger (V, 38) ; il est "chef de guerre", à présent "vagabond". Dux bellorum, on comprend déjà mieux le rapprochement avec le loup ; bien que protégé par le dieu de l'éloquence, on lui demande de grogner, de faire peur, d'imposer sa loi et non pas de manier le beau langage (de raconter des mensonges, tel le berger). Loup incapable d'effrayer, c'est-à-dire roi sans pouvoir, roi constamment nié. Méléagan, a contrario, est une créature redoutable, un loup qui manie les mots, "a wolf in sheep clothing" ; lui, persuade et terrifie à la fois.

Ce n'est donc pas une transposition parfaite de la fable d'Esope qu'il faut voir dans cet épisode du théâtre, mais plutôt
un rappel, une intertextualité dans l'écriture d'Astier ; cet apologue tronqué c'est le moment où on se rend compte du jeu qui existe entre la fable et la réalité. Arthur semble avoir compris l'avertissement, quand il dit à Méléagan le lendemain : "Vous ne me ramenez pas à Kaamelott, n'est-ce pas?" Il a de lui-même rétabli la fin manquante ; il est l'acteur de sa propre fin, réjoignant par là le but de Méléagan, le "sabordage" [des gens] (V, 38).

# Posté le samedi 01 décembre 2007 08:00

Modifié le vendredi 07 décembre 2007 15:53