Je viens de recevoir, en direct d'Angleterre, le cd des Babyshambles, Shotters Nation, ainsi que le single Delivery pt 1 et 2, tant qu'on y est.
Tout ça pour dire qu'avec le cd, il y avait aussi le dvd avec quelques vidéos du concert au pub londonnien the Boogaloo, il y a peu... C'est uniquement pour ça que j'écris cet article, pour les moments de fulgurance qui s'en dégagent...
Parce qu'il faut savoir que le cd en question, je l'écoute depuis deux semaines environ, depuis qu'il a fuité sur le net... Et pourtant pas un seul article critique de ma part ici, pour deux raisons : le manque de temps, et le manque d'inspiration.
On m'aurait demandé mon avis il y a quelque temps, je n'aurais jamais dit qu'on pouvait vraiment considérer les Babyshambles comme un groupe fait pour la scène. Et maintenant mon objectif concert pour 2008, c'est de les voir, eux et rien qu'eux. Tout ça à cause du Boogaloo me direz-vous ? Eh bien... oui.
Pour ça et pour la comparaison audacieuse qui m'est venu tout de suite à l'esprit : les Babyshambles en concert ont acquis la finesse instrumentale de The Good, the Bad and the Queen ; une finesse de mise en scène aussi.
Pour Baddies Boogie, pour Unstookie Titled... pour des musiciens complices, complémentaires, très doués (!), et pas seulement pour leur "égérie", Bilo... pour une musique qui oscille entre pop (Deft Left Hand, FrenchDogBlues), folk (Unbilo, Unstookie Titled), jazz (définitivement There She Goes) et une espèce de quelque chose qui rappelle les rythmes des Clash, comme du reggae britannique, enfumé et arrosé de bière (Baddies Boogie, qui prend une toute autre dimension en concert)...
Je ne sais toujours pas vraiment quoi dire sur l'album en lui-même, étonnant, et pourtant très naturel, comme s'il n'aurait pas pu être autrement. Un album à la pochette et aux textes sombres, traversé d'éclairs lumineux, de flamboiements brefs, comme les accords de guitare à la fin de UnBiloTitled, ou l'humour du début de You Talk. Des moments de pur génie musical, des moments qui semblent s'être toujours trouvés là, suspendus dans l'air, attendant que quelqu'un les saisisse et nous les renvoie à la figure.
A ceux qui veulent voir Doherty mort, qui crient au drogué, je ne dirai qu'une chose : pensez à ce que dit Homère dans l'Iliade, pensez à Achille... Que vaut une vie longue si elle doit être obscure ? Mieux vaut lui préférer une gloire brève mais éternelle.
Et après tout on s'en fout, c'est la musique qui compte, et c'est peut être ça qui m'empêchait d'écrire cet article...