The Pogues... ou quand une obsession en chasse une autre

Me baladant sur NME.com (le moyen le plus efficace pour trouver des news et des ragots musicaux en un clin d'oeil) et je tombe sur un article plus ou moins humoristique rapportant un bruit qui disait que Peter Doherty (mon obsession depuis trois mois jusqu'à il y a quatre jours) allait peut être emménager chez Shane MacGowan, chanteur dépravé de The Pogues, qui vit actuellement au-dessus du pub The Boogaloo...
Le journaliste concluait en disant que peut être ces deux-là allaient nous collaborer un album et qu'il attendait de voir ça...

Ca chemine alors comme ça dans ma tête : Shane MacGowan, ok, je situe, c'est le mec aux dents pourries à qui des méchants journalistes avaient comparé Damon dans sa période "dent de devant en moins"...
Pi je me dis que je ne sais rien sur les Pogues, et que je situe pas du tout le style musical. Somme toute comme Doherty -- je ne connaissais que le côté sulfureux.

Téléchargement plus tard, j'écoute, et ma première pensée c'est "mon dieu que c'est kitsh! et tout de suite après, mon dieu que c'est entrainant!"
Ca fait beaucoup de dieux d'un coup, récapitulons la chose : c'est un groupe qui s'est en somme créé son propre genre musicale, là-bas en Angleterre dans les années 80, un style que personne ne semble parvenir à définir : on parle de rock, punk, celtic, folk, "country" (impossible géopgraphiquement mais bon).

Une musique populaire qui sent le whisky et la fumée, pogotable à souhait... Une musique qui plonge ses racines dans la mémoire romancée d'une Irlande du début du siècle, épicentre de conflits socioculturels, combattant pour sa propre liberté... Une musique pleine d'un enthousiasme un peu naïf et désuet mais tellement sincère...

C'est surtout une voix et des textes, une énergie incroyable et une détermination dans ce style sans caractérisation qui fait plaisir à entendre. En effet, après la première phase où l'on bat la mesure avec le pied et où on trouve ça "coool", vient l'admiration et l'étude en profondeur. Un cd qu'on peut écouter plein de fois en long en large et en travers ne peut pas être un cd dénué de fondement.
C'est pour ça que j'ai acheté mon préféré, If I Should Fall From Grace With God (88), sur amazon...
Parce que c'est des irlandais, je n'étais peut être pas tout à fait partiale au départ, mais en fin de compte c'est juste grand. Bizarre mais grand... Comment un homme aussi laid que Shane MacGowan peut-il dégager une telle sexualité quand il chante et avoir une si belle voix...

# Posté le vendredi 21 septembre 2007 14:08

Modifié le lundi 24 septembre 2007 12:24

"Nothing".... but a lot to say about it.

"Nothing".... but a lot to say about it.
Le contexte de visionnage, pour commencer, parce que tout le monde s'en fout, mais que c'est très important pour moi...
Mon père m'a parlé de ce film, hier, j'ai fait "mmm", et j'ai oublié. Et puis je suis tombée sur le programme ciné dans le journal, deux minutes plus tard, juste le titre Nothing, le réalisateur (Vincenzo Natali), et le nom d'un des acteurs, David Hewlett.. Mon coeur fait "raaah", en plus c'est en VO, et subitement c'est devenu mon film, pour tout un tas de raisons farfelues.
Parce qu'il est canadien, réalisé par celui qui a fait The Cube, avec David Hewlett - Rodney McKay choupiiii... dieu sait combien j'aime cet acteur, et pas seulement à cause de Stargate Atlantis...
Je tourne autour du pot pour ne pas le regarder en famille hier soir ; j'ai bien fait : mon père s'est endormi, ça a gavé ma mère...

Non, c'est définitivement un film pour moi, un film pour geek folle fanaticomaniaque de David Hewlett, Stargatophile, aux références cinématographiques et autres passablement excentriques. Un film que je ne pouvais voir qu'en VO, pour la voix de Hewlett quand il hystérise.

Plus en détail, c'est donc un film canadien indépendant, réalisé par Vincenzo Natali et écrit par lui, Hewlett et Andrew Miller, lequel est, j'ai découvert ça au cours du film, l'acteur qui joue l'attardé dans the Cube, quand Hewlett était le "méchant".
Et dans ce film -- où pour une fois j'ai pas eu de mal à retenir les prénoms des personnages, ceux-ci étant les mêmes que ceux des acteurs -- Andrew est un agoraphobe agent de voyage qui vit reclus dans une baraque minable coincée entre deux voies d'autoroute, tandis que Dave, son ami de toujours, se fait virer, accusé d'avoir détourné des fonds dans sa boîte (qui fabrique/vend des câbles, allez savoir pourquoi cela semble tourmenter le réalisateur, au point qu'il y en a partout dans le film), alors que c'est l'oeuvre de sa nana, avec laquelle il comptait emménager... Dépité et plus ou moins recherché par la police, il rentre et tombe sur un Andrew suicidaire (tentative de pendaison avec un cable électrique) accusé à tort de pédophilie sur une jeannette qui l'avait aidé à rentrer chez lui, enfermé dehors après avoir tenté de sortir les poubelles tout seul.
Ok, cette phrase est désespérément longue et dure à lire, ok, on ne semble pas aller très loin avec tout ça, mais justement, ça met en place les élements, et c'est précisément cet enchainement de merdes qui est à l'origine de toute la suite du film. La maison, le rejet de la société, les emmerdes qui arrivent de partout à la fois.
Ils décident de mettre en vente la maison, ce qui a pour effet d'attirer la logique bureaucratique barbare devant leur porte : avis de démolition pour non conformité à une loi (pas de maisons près des autoroutes), bien que cette même maison n'existe pas aux yeux du cadastre. Petit dialogue absurde entre l'huissier et Dave, on se croirait en plein HitchHiker's Guide to the Galaxy, extraterrestres en moins.
Et puis tout se précipite. Le jour de la démolition, dix minutes avant l'heure fatidique, le téléphone sonne ("Don't answer the phone!" crie un Dave hystérique), on tape à la porte, les flics, les bulldozers, les mères de famille en colère. Enervement, affolement, grenades lacrymo. Et puis. Plus rien.
Que... du rien, à perte de vue autour de la maison.
Pas rien, mais réellement du rien.

Là, le film hésite, vacille entre délire potache et suspens sciencefictionnien. Exploration du rien blanc à la mode Stargate, talkies walkies pour deux mètres de distance ("over ?"), accoutrement de ninja des temps modernes en ustensiles de maison recyclés, rappelant un peu les fringues de Robin Williams dans Fisher King. Avec un sabre, s'il vous plait!
C'est à la fois con (trop de scènes répétitives, plans pas assez originaux, longueurs), intriguant (Dave qui enregistre une sorte de rapport pour la postérité sur un magnétophone, analysant le sol comme rappelant du tofu...), amusant (une trace faite de petits objets débiles pour retrouver la maison).
En temps que fan (folle) de Stargate Atlantis, je m'étonne que ce soit Andrew le couard et Dave-David l'explorateur. Mais de nombreux McKayismes refont vite surface : Dave qui s'empiffre en cachette, Dave qui babille à tout va en disant qu'ils vont creuver s'ils mangent pas, Dave qui fait un piège avec des boites dans la cuisine pour piéger dieu sait quoi...

Et c'est là qu'est enfin dévoilé le coeur du film : si tout a disparu autour d'eux c'est parce qu'ils l'ont voulu, en haissant le monde extérieur (comme je les comprends et les envie...). Séquence délires et joies inventives dans ce monde exempt de tous tracas -- même la faim, disparue.
Je tiens à mentionner au passage le talent évident des décorateurs, et au-delà, du réalisateur lui-même : Toronto version carton-pâte-2D... hilarant. Avec rien, ils créent un univers à la fois confortable, réel, qu'on a l'impression de connaitre et dans lequel on -- enfin en tout cas moi -- se verrait bien piégé sans aucune trace du monde extérieur.
Une maison de geeks agoraphobes, fans de jeux vidéos et sans véritable notion d'hygiène ou de rangement... ça ressemble étrangement à ma chambre, en plus grand. Le "combat" à la Xbox avait aussi un côté diablement familier...

En haissant les choses, ils font disparaitre des objets, mais également des souvenirs. Le film tente d'explorer un côté psychologique, et de verser dans la "philosophie", et c'est un peu raté, à cause d'un manque de cohérence au niveau des genres. Pas vraiment un film noir, pas non plus un thriller... Une comédie bordélique plutôt.
Toutefois, et ça m'est venu à l'esprit après coup, il y a pas mal de choses à dire au niveau de la symbolique... Après si c'était fait "on purpose", ce n'est pas à moi de le dire ; le plus gros défaut de ce film à vrai dire est son manque d'unité, de rythme -- c'est plus un film "à voir pour pouvoir en parler après"(... dommage que j'aie pas d'amis). Symbolique donc, en quelque sorte, la maison (et ensuite l'extérieur), pleine remplie de merdes et de machins : le matérialisme dans sa plus belle expression. Le rien, au contraire, pourrait tenir lieu de représentation de la spiritualité, même si son aspect débile et musical dilue cette idée.

Restent les savoureuses références, même si certaines sont, j'en suis sûre, uniquement le fruit de mon cerveau malade qui s'empresse de faire des liens entre des délires personnels.
Le soucis des deux amis au sujet de Stan la tortue et les post-its pour expliquer comment la nourrir me font inévitablement penser à Carson sur Atlantis, et à sa tortue, oubliée sur Terre au cours de l'épisode The Return 2/2 (snuf, pauvre). Le changement progressif de personnalité d'Andrew, au fur et à mesure qu'il s'efface des souvenirs, plus calme, plus inquiétant, jouant avec une lampe torche tout en regardant Dave dormir fait penser à Petits Meutres Entre Amis / Shallow Grave. Le combat débile de la fin (sans bras, sans jambes, plus que des têtes) est forcément une parodie du chevalier noir du Holy Grail des Monty Pythons.
En passant, les moments les plus drôles étaient les plus stargatiens (rodneyesques) et/ou les plus monty pythonesques : l'infiltration dans la maisons qu'ils croient investie par des ennemis, et la technique d'approche tout particulière de Dave, combinée avec la musique, parfaite, et les petits bruits que fait le rien quand ils marchent, ont failli me faire pleurer de rire, et ça rappelle la cavalcade sur le chateau contruit sur un marais, dans Holy Grail, de même que l'amour que porte Hewlett aux films de kung-fu...

Un film pas comme les autres, un film pas pour tout le monde. Un dernier film débile avant la rentrée en somme.
Il faut soutenir les films indépendants, parce que malgré leurs longueurs, leurs trucs nazes, leurs bizarreries, ça reste quelque chose d'important, comme un film que j'aurais fait moi, un reflet de mon esprit dérangé, d'une âme soeur. (C'est sûrement pour ça qu'ils plaisent à personne ces films...)

En attendant A Dog's Breakfast, autre cadeau canadien pour les geeks stargatophiles, avec en prime un Paul McGillion sans accent écossais (malheureusement)... Sortie prévue en DVD courant 2008, pour la zone 2. Peut être... (espoir)

# Posté le lundi 03 septembre 2007 13:06

Modifié le mercredi 05 septembre 2007 10:58

Les adieux d'une future ex-no-life

Les adieux d'une future ex-no-life
La rentrée étant mardi, et hier un événement stupide m'ayant fait prendre conscience de l'ampleur de mon problème de dépendance à l'ordinateur, j'ai fait une liste.

Sur cette liste il y avait tout ce que j'aime, séparé en deux : ce que je garde et ce que je vais m'efforcer d'oublier (ou au pire de contenir le week-end).

Plus de Croque-Monster, plus de forums, plus d'ordi de bon matin, plus de recherche abusive de trucs et de machins.. plus de msn non-stop. Plus de TV tout le temps.

Je garde quand même : la musique, une fic ou deux le weekend, et les séries TV.

Mais là encore il a fallu opérer des coupes drastiques (même si je sais pertinemment que je ne m'y tiendrai pas) : sont conservées, parce que c'est vital :
Stargate Atlantis, parce que c'est la saison 4 inédite, parce que c'est en VO et que j'aurais l'impression de faire de l'anglais, parce que je peux pas les laisser dans le caca comme c'est parti, parce que ça sera UN épisode par semaine, et que je pourrai le voir quand bon me semblera...
Kaamelott, parce que c'est le livre V, c'est Astier, c'est super court (8 minutes/soir) et que je ne peux pas m'en passer de toute façon...
(en prévision : Esprits Criminels et NCIS ,si c'est les nouveaux, Supernatural, et C'EST TOUT!!.... )

Ca fait déjà beaucoup mais on passe pas du statut de "no-life" (merci Clarounette pour cette expression XD) sériephile et magnétomaniaque à celui de recluse studieuse...

Adieu, tous...

# Posté le dimanche 02 septembre 2007 05:02

A story of smoke, booze and drugs... and maybe something else.

A story of smoke, booze and drugs... and maybe something else.
C'est abusé, vraiment abusé.. j'avais écrit cet article il y a un mois de cela peut être, et il a mystérieusement disparu... les boules...

Bref, comme je l'avais dit lors du premier jet, je n'ai pas souhaité apporter de modifications à ce que j'avais écrit sur ce film une nuit, après l'avoir vu en VO intégrale, vers 3 heures du matin, (style gonzo oblige!), veuillez donc pardonner l'aspect un peu décousu...



Hunter S. Thompson... vous ne connaissez probablement pas, moi non plus avant de voir -- il y a de ça deux ans -- Las Vegas Parano (Fear and Loathing in Las Vegas), la folie de Terry Gilliam (ex Monty Python qui s'en sort très bien tout seul).

Un film fou, un film de fous, un Johnny Depp sous acide, chauve, fume-cigarette perpétuellement vissé aux lèvres, ce qui rend ses paroles quasi incompréhensibles la plupart du temps (j'ai dû voir ce film au moins six-sept fois, jamais autrement qu'en VO), un Benicio DelToro quasi méconnaissable lui aussi, chemise hawaienne ouverte sur un bide monstrueux, une passion pour les pamplemousses, la croyance qu'on peut connaître les gens rien qu'à leurs yeux, et la certitude que les monde entier, ou peut être seulement Las Vegas veut leur perte.

Ce film fait rire, ce film fait peur, ce film parle surtout de drogue à vrai dire -- l'histoire de deux "collectionneurs de drogues" en vadrouille, pour un reportage bidon sur une course de motos...

Car ce film est une magistrale adaptation du roman non moins magistral du H.S.Thompson cité plus haut, journaliste fou des années 70 (71 exactement pour le roman), avec cette façon de faire les reportages si... spéciale (cherchez "style gonzo" sur google pour voir).

Au-delà de l'aspect comique des deux acteurs en plein trip, il y a la confusion des identités, les noms mélangés, l'incertitude pour savoir qui fait quoi où ça -- et la certitude apportée par la paranoia. Il y a un moment magnifique où, de retour début 60's dans un bar plein d'accros au tout nouveau LSD, Johnny Depp se voit lui-même et le dit, regardant soudain H.S.T. en personne, qui s'était invité dans le film...

Au-delà de ça encore, il y a une plongée dans l'Amérique post-68, l'Amérique qui cherche le rêve américain qui est déjà mort, qui rêve encore mais d'une manière plus désespérée.

Il faut trouver une explication.

Et la musique... Jefferson Airplane, le suicide quand the "White Rabbit peaks"...

Juste ... classe.
la fumée ça pue
Je vais dormir un peu

# Posté le vendredi 31 août 2007 13:26

Du sang, des tripes, vive les films anglais!

Du sang, des tripes, vive les films anglais!
-SEVERANCE-

Un
film anglais, interdit aux moins de 12 ans, plus ou moins décrit par mon père comme une comédie d'horreur... un film d'horreur comique ? Bref, je suis tentée, d'autant plus que la bande-annonce était alléchante.

E
t de fait, ça commence comme une comédie, avec une réalisation et un humour tout anglais. un groupe d'employés d'une compagnie qui vend des armes part en "voyage de cohésion" en Roumanie (me semble-t-il mais j'ai la flemme de vérifier), dans un gîte. Leur chauffeur, refusant de faire un détour par la forêt pour contourner une route barrée (comme de par nazard!), les plante en rase campagne. Ils se retrouvent donc à pied dans la forêt, et tombent sur une baraque toute pourrie ou personne ne les attend.

Ju
sque là c'est juste comique, mais on se doute bien que des maniaques fous et armés trainent dans les bois -- d'ailleurs le héros (cui qui a une tête sympathique et qui est pété aux champignons) en avait aperçu un, sans que personne ne prenne la peine de le croire.

I
l faut alors terminer dans ce sympathique "huis clos à grands espaces" (la maison abandonnée/les vastes bois alentours) qui va mourir en premier (comme dans tout "bon" film d'horreur en somme... c'est-à-dire, à mon sens, un film pas trop gore qui respecte bien les codes du genre tout en tirant son épingle du jeu par des nouveautés singulières). Et effectivement j'avais tout juste pour les deux premiers morts et pour les survivants, les autres étant un peu tués en vrac (ou en plusieurs fois).

L'atmosph
ère sympatoche du début glisse lentement dans l'horreur au fur et à mesure des découvertes macabres et écoeurantes (que je ne peux pas raconter, par respect pour ceux qui comptent voir le film). La maison abandonnée serait alors, selon des légendes diverses et dans la plus pure tradition des films d'horreur, un ex hopital psychiatrique ou une prison pour soldats de l'Est décérébrés, "nettoyés" par la société de vente d'arme dont il est question...

L'intérêt réside alors
dans le léger décalage qui existe dans chaque scène entre ce qu'on attendrait dans un film du genre et ce qui se passe finalement. La blonde qui parvient enfin à assomer le tueur ne s'enfuit pas bêtement en laissant à l'autre le temps de récupérer et de la tuer dix minutes plus tard ; elle l'achève à coup de pierre... etc mais je vais pas tout raconter.

Donc, pour résumer, un film
gore, débile, drôle, anglais, de malades. Avec un soin particulier apporté à la mise en scène et au cadrage, surtout dans la première partie du film.
A voir. Avec du pop corn...

# Posté le jeudi 30 août 2007 11:46

Modifié le samedi 01 septembre 2007 03:01