Tempête

Tempête
"Ben ils sont aussi cons les uns que les autres." Pourquoi, papa, pourquoi ? Pourquoi tu me prouves toujours ce que je sais déjà et que je refuse d'admettre ? "C'est tout ce que ça t'évoque ?" Voilà ce que j'avais envie de te répondre tout à l'heure, quand tu as dit ça, alors que le générique du Vent se lève avait à peine commencé.

Alors, ça veut dire que Damien et tous les autres sont morts pour rien. Alors, ça veut dire qu'ils on lutté en vain. Alors, ça veut dire que les Palestiniens ont qu'à creuver ou se soumettre. C'est ça ? Ou peut être que j'ai mal compris, parce que tu ne sais pas parler et que moi je ne sais pas écouter.
Mais là je suis bouleversée. Parce que je suis idéaliste, et que je veux croire que ceux qui luttent pour la liberté sont de grands hommes, même si personne ne connaîtra jamais leur nom.

C'est vrai que ce film dénonce l'idiotie des luttes intestines entre l'IRA et les nationalistes irlandais, après la ratification pseudo démocratique du traité avec l'Angleterre *; c'est vrai qu'il fait le parallèle entre le comportement des soldats anglais et celui des nationalistes ensuite. Qu'il interroge sur la légitimité du combat, de part et d'autre. C'est vrai que tout cela est stupide, que des familles sont brisées, des enfants tués.
Mais c'est loin, très loin d'être tout. L'indépendance de l'Irlande n'est pas tombée du ciel, bon sang!


Mais reprenons depuis le début : The Wind That Shakes The Barley **, de Ken Loach, palme d'or du festival de Cannes... Moi je voulais le voir parce que j'aime l'Irlande et que j'aime les yeux de Cillian Murphy (cf. articles sur Sunshine). Toi... parce que tu regardes tout (et n'importe quoi).
Le film commence -- à vrai dire je ne m'attendais à rien de précis et je n'avais pas vraiment retenu de quoi ça parlait, depuis l'époque de Cannes --, tout en lenteur, en belles images. Irlande, 1920. je commence à tiquer. Arrivée musclée des soldats anglais, assassinat d'un jeune qui refusait de se soumettre à des brimades humiliantes.

Ok, on sait de suite où on se situe ; le parti pris est définitivement celui des irlandais, une vision à la fois historique et romancée de leur combat contre les Anglais, puis de la guerre civile, pour la liberté.
Le scénario, au départ classique -- faire voir des faits historiques à travers le regard du jeune médecin idéaliste alias Cillian Murphy qui est progressivement acquis à la cause de l'IRA -- prend toute sa force avec l'enchaînement des scènes, sans temps morts malgré un rythme tranquille, appuyé par des images marquantes et symboliques.

Et on comprend (je pensais qu'on comprenait... JE comprends) les raisons qui poussent tous ces hommes à risquer leurs vies et celles de leurs familles. La liberté.
Nous, on se rend pas compte, parce qu'on EST libres, et pourtant on (je) critique la France, le gouvernement, etc...
La liberté dans le film, c'est la magnificience des grands espaces. Les paysages irlandais, et le vent dans les herbes. Les chants en gaélique des résistants.

Cependant ce film fait aussi la part de tout ce qu'il y a d'ambigu, de problématique dans ce combat. Considérations matérielles et économiques face à la ferveur des idéologistes. Sentiment de manquer d'informations, petit maillon de la chaîne, informé par des messages apportés à vélo ou à cheval. Cruelles décisions.
D'accord, peut être que dans une certaines mesure on pourrait envisager que la "connerie" soit un des facteurs qui pousse tous ces gens à agir.

Mais je crois très sincèrement qu'entrent également en ligne de compte la volonté de résister, l'espoir. L'espoir qui résonne puissamment quand Damien cite un discours de James Connolly ***, éclairé par une bougie dans une cellule. L'espoir, c'est quand la moitié d'une église se vide face à des sermons nationalistes.
Je crois, j'espère que l'espoir et la détermination peuvent surpasser la bêtise humaine et la soumission à une solution tiède.

Il est minuit et je concluerai en disant que peut être je suis passée à côté de ce film. Peut être que ce qu'il siginifie en fait, avec sa façon d'évoquer à mots couverts beaucoup d'autres conflits semblables, c'est qu'ils sont "aussi cons les uns que les autres".
Mais dans ce cas, je n'ai plus beaucoup foi en l'humanité.

~ Shine, Cillian, shine!

* 1921, faisant de l'Irlande un dominion à autonomie interne.
** l'orge... en VF le Vent se lève
*** fondateur du parti républicain socialiste, assassiné.

# Posté le lundi 25 juin 2007 04:57

Modifié le lundi 25 juin 2007 07:00

Babyshambles et autres excusions en Albion ~ (addendum à l'article sur Pete Doherty)

Babyshambles et autres excusions en Albion ~ (addendum à l'article sur Pete Doherty)
En fait, c'est un album -- Down in Albion -- plutôt extraordinaire qui pourtant paraît banal à la première écoute. Parce qu'il a besoin du silence pour prendre ses véritables dimensions... Le silence, mais pas une écoute religieuse quand même, ça remue trop pour ça. C'est pas quelque chose qu'on peut écouter distraitement, dans le bus ou le métro, comme je le fais souvent ; c'est pas un album pour se vider la tête.

Original dans les
chansons, parce que Pete Doherty est un poète avant tout... un poète musicien ensuite. Rien que pour la qualité des textes cet album mérite une larmichette. C'est rare, la poésie en musique.
Original
grace au personnage central, à cet anglais excentrique que tout le monde critique. Je me demande comment un mec aussi grand peut paraitre si petit en même temps.

La m
usique aussi, rend le tout difficile à cataloguer. Des morceaux qui commencent comme des blagues, finissent comme des hymnes désincarnés (Fuck Forever), avec des coeurs et des mélodies annexes qui apparaissent sans qu'on s'en rende compte, et d'autres à la fois chantants, rapides, enlevés et dérangeants, musicalement puissants (Sticks & Stones).

Et puis j
'adore me rendre compte à la 25ème écoute que le premier morceau, La Belle et la Bête, allusion directe à la relation Kate/Pete, où la donzelle fait les coeurs, est en fait la version longue et instrumentalisée de Conversation Diva, un petit bijou accoustique qui fusait alors en moins de 2 minutes... que A Rebours est aussi Curtain Call...

J'adore
ces chansons enlevés, les mélodies qu'on a envie de chanter partout, et les rythmes de basse qui font regretter les Clash (Back From the Dead) ; là on se dit qu'on écoute peut être pas seulement du rock mais le renouveau de la musique anglaise... Parce que je ne pense pas que les Artic Monkeys ou confrères soient l'avenir de l'Angleterre. Peut-être que les pantalons slim me font un peu douter de leurs qualités de musiciens (je suis méchante).

Et
Albion...
Albion le mythe
, Albion l'Angleterre romancée et mystique tout droit sortie de l'univers de Peter Doherty. La meilleure chanson peut-être (versions accoustique et album confondues)...
Un début décon
certant (une espèce d'abeille sonore) et une chanson qui commence comme une balade à la guitare sèche, totalement différente du reste de l'album. Rythme plus lent, texte plus construit, on sent que ça raconte quelque chose de vrai, à l'image à mon avis du Hooray for the 21st Century des Libertines dans ses versions accoustiques.

# Posté le dimanche 10 juin 2007 12:56

Modifié le samedi 23 juin 2007 05:45

Théories musicales - new addiction : Pete Doherty

Théories musicales - new addiction : Pete Doherty
Comme le dit le titre, ce qui suit, ce n'est qu'un peu plus de conneries (crap out of my head) qui voulaient qu'on leur donne vie, voie au chapitre, etc, mais que voulez-vous, je suis gouvernée par les voix dans ma tête, j'ai passé la nuit à établir des diagnostics différentiels en suivant le pas claudiquant de House dans des couloirs psychédélirants...


Bref.
La théorie c'est que je classe les artistes musicaux en plusieurs groupes...
Ceux qui sont bons, qu'on écoute et qui finissent par gaver. Les trucs à la mode aussi. Qui passent à la radio. Qu'on écoute par périodes. (Franz Ferdinand, Mika, et autres trucs super récents). Ceux qui sont nuls. Je sais, c'est subjectif, mais ce sont MES classifications. Ceux qui sont trèèès bons mais trèèès durs à aimer. Qu'on a détesté la première fois. C'est ceux-là qu'on aime le plus longtemps. C'est un apprentissage. (System of a Down...). Ceux qu'on a l'impression de connaitre depuis cent ans. Qui sont.. parfaits. (Hawksley Workman, John Butler...)


Là intervient le rapport avec le titre, que tout le monde attendait (j'espère)...
Pete Doherty, ou ma nouvelle fixation du moment.

C'est comme si je l'avais toujours connu... sa musique je veux dire.
Mais le personnage, en un sens, je le connaissais déjà... à cause de ses "frasques" de drogué sortant avec une top-model... Un peu comme tout le monde en fait, de loin, de haut, pas pour sa musique en tout cas.

C'est dommage, parce qu'à cause de ça je ne m'étais jamais réellement penchée sur sa musique, mais c'est bien aussi, parce qu'en un sens ça le protège.
De la musique pour initiés, la musique du coeur, un genre d'itinéraire de l'auto-destruction pour voir, entendre, retransmettre ces visions... (comprenne qui pourra : réminiscence d'une citation d'Octavio Paz)
Ok, je délire, mais j'aime énormément l'idée du poète maudit qui aurait basculé dans l'univers de la musique. Ce poète qui souffre, se détruit et au final se cultive un univers pour mieux créer.... Envolées rimbaldiennes avec une guitare et une voix de chat mouillé.

Pete Doherty, musicalement et concrètement parlant, c'est feu The Libertines puis les Baby Shambles,avec un seul album, somme toute assez moyen... C'est aussi et surtout un projet d'album accoustique (écoutez Acousticalullaby... rien que le titre, je suis fan), et des tas de démos, sessions et autres bouts de trucs en vrac sur le net.
Des chansons fulgurantes, rares et étranges, comme on n'en entend pas souvent, et qui ne ressemblent à rien...
Des chansons à la fois poétiques, sensibles...Arcady, et des images pastorales déconcertantes, Albion, une espèce de balade désespérée dans une Angleterre plus que mythique et décolorée, A little death around the eyes, mon coup de coeur absolu, pas explicable, et plein d'autres encore...

C'est l'amour fou, ne posez pas de questions, écoutez:
- myspace (pas les meilleures chansons)
- Baby Shambles, site officiel
démerdez-vous quoi...

pub (pourquoi pas)

Le 21 juin (de cette année) sort un livre intitulé (sobrement hinhin) "The Books of Albion: The Collected Writings of Peter Doherty".... devinez ce que je vais acheter ce jour-là...

édit : (parce que je veux pas re-oublier)
D'où cette passion soudaine et overwhelming est elle tombée ?... pas du ciel, mais de la TV. Ca date un peu, mais ça avait dû me faire une grosse impression, puisqu'après deux jours d'intenses réfléxions (voué, n'exagérons rien quand même ¬¬), je suis parvenue à la conclusion que ce qui m'avait poussé à creuser un peu sous la couche de fiel lancée par les détracteurs du sieur Doherty (*révérence*), c'était les quelques minutes d'un des "Petit journal" de Barthes sur Canal. Où il siuivait Peter avec ses caméras et commentait en voix off comme à son habitude, mais sans être vraiment méchant comme peuvent l'être les autres journalistes à l'égard de cet artiste. En gros c'était moqueur, gentillet, et ça montrait son côté destructuré et fêtard. (Une soirée selon Pete Doherty : il fume, il boit, il se jette dans la foule d'un mini gig dans un pub, il refume, il fait un autre pub... dit des conneries, etc). Ca le rendait plus sympathique qu'autre chose. Restait à creuser l'aspect musical de la bête -- ce que j'ai fait et je ne le regrette pas.

# Posté le samedi 02 juin 2007 07:02

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 13:55

Joie... et amère prise de conscience

Joie... et amère prise de conscience
Joie parce que l'épisode 21, Aux yeux de tous III (référence à la dame du Lac devenue visible et mortelle par la même occasion), de Kaamelott était un véritable bijou, d'une perfection... parfaite.
Tout était présent, comme dans un mini-film : l'humour, très con et si plaisant -- Dagonnet (aka De Caunes) avec ses questions connes (il fait trop pitié), le roi Loth (aka Rollin) et ses réparties en latin, Yvain (aka Simon Astier ) qui fait dans la Très Grande Connerie ("haa.. l'Irlande!"... je me comprends)... -- , l'épopée et la légende -- Méléagant (l'homme en noir, Carlo Brandt, cet acteur de théâtre qui confine au génie... si quelqu'un sait où je peux trouver des enregistrements de son groupe de musique Pavillon B je l'implore à genoux de me le dire), qui fait encore plus peur que d'habitude... Un subtil mélange entre le sérieux de l'envoyé du mal, et le décalage comique, qui fait rire mais peur aussi...
Le roi Arthur est presque secondaire dans cet épisode ; il est le centre sans l'être.



Amère prise de conscience parce que je viens de réaliser la réalité de ce que je voyais écrit partout depuis le prime (fin avril)... à savoir que la fin de la première moitié du livre V approche à grand pas (je dirais qu'il reste trois épisodes à tout casser) et qu'il va falloir attendre jusqu'en SEPTEMBRE pour avoir la suite, précédée d'un nouveau prime-long métrage.
Malheur!
En plus -- pauvre de moi -- j'ai lu des spoils qui ont failli me tuer (et pour votre sécurité je vous dirais rien avant septembre)...

Je pense que je ne regarderai pas le prochain prime, mais que je l'enregistrerai pour le voir après tous les épisodes quotidiens de cette deuxième moitié de livre V. C'est pas que je trouve que ça m'ait réellement gaché le spectacle et le suspense la première fois, mais je pense que ça serait plus sympa d'avoir que de l'inédit. Je sais pas si je vais y arriver... faudra que je m'attache ce soir là.
(Ce qui va être plus dur ça va être de résister à la tentation de lire les articles des autres sur ce futur mini-film bis TT)



Pour conclure, amat pacem ut sibi resplenderetur.... ce qui veut (presque)absolument rien dire, je me demandais quel effet ça faisait de sortir des trucs en latin ^^

# Posté le vendredi 01 juin 2007 07:50

Modifié le dimanche 24 juin 2007 10:15

Article coup de gueule

Article coup de gueule
Ceci est un article de protestation contre l'édition et la traduction de la version française du manga Saiyuki Reload...

Autant j'avais des choses à redire sur la version anglaise de TokyoPop (bcp d'argot, de gros mots, pages beaucoup plus petites, pas de double couverture, pas de pages en couleur au début), autant après avoir acheté et lu le tome 1 de Génération Comics, je trouve que la version anglaise a TOUT pour plaire.

On (les fans et moi) a attendu plus d'un an ce tome 1, sans vraiment d'opération de communication pour expliquer ce retard (ce qui montre l'intérêt porté aux fans...), aussi la sortie il y a une semaine était tout un événement...

Je n'ai pas de mot pour vous dire à quel point je suis déçue.

Les pages sont certes du même format que la version originale, mais qu'est-ce que l'impression est crade ! Il y a des bavures, les dégradés sont pleins de pixels moches, ça ne rend absolument pas justice au trait de Minekura, qui lui s'est nettement affiné.

Et puis (malheur! "la" chose à pas faire!!) il y a des fautes. Oui, plusieurs en plus, dont une omission de subjonctif qui a failli me faire décéder sur place.
Je sais, je suis maniaque, mais la sortie ayant été retardée d'un an ou presque, elle aurait quand même pu prendre une heure pour relire ses machins, la traductrice, nan?
J'ai honte pour elle.


Ma décision est prise, je n'achèterai pas les tomes suivants en français, je vais rester sur ma lancée en anglais, bien plus classe, malgré le parti pris de l'argot.

# Posté le mercredi 30 mai 2007 01:11

Modifié le mercredi 30 mai 2007 09:20